Aurore & Vaïko

Aurore parle nous de Vaïko, le cheval que tu as choisi de nous présenter aujourd’hui.

Vaïko et moi on a mis un peu de temps à se rencontrer mais on s’est vraiment trouvé 🙂

Je cherchais à acheter un cheval, mon premier cheval « à moi ». Mon choix s’était porté sur un cheval de mon club que je montais souvent et qui m’avait permis de reprendre confiance après une grosse chute. Tout était prêt pour l’accueillir à la maison et finalement il n’était plus à vendre. Je me suis mise à chercher un autre cheval quand au bout de quelques mois, Quito, le cheval de mon club sur lequel c’était porté mon premier choix, était de nouveau à vendre. Quelques jours se sont écoulés et Quito n’était plus à vendre (de nouveau !). Il était à vendre puis plus, cela a duré de nombreux mois. J’ai beaucoup souffert de cette situation, à tel point que ce ressentiment s’est exprimé à travers une réaction cutanée très vive. Mon acné était telle que même les médecins étaient perplexes. Tout est devenu compliqué, y compris à l’école.

Et puis un jour je suis tombée sur une annonce du bon coin. Un petit fjord à vendre, dans mon budget, à essayer à 1h de chez moi. Presque tous les critères étaient réunis, il ne me restait plus qu’à l’essayer. C’est ainsi que le dimanche suivant j’ai fais la connaissance de Vaïko.

L’essai a été catastrophique : il ne savait pas trotter, il avait mauvais caractère. Je ne peux pas expliquer pourquoi ni comment mais malgré ça j’ai choisi Vaïko (enfin c’est lui qui m’a choisi :-)) ! Une semaine plus tard il est arrivé à la maison. A cette époque je ne me suis pas bien rendue compte du travail qu’il y avait à faire avec Vaïko. Je ne suis pas certaine qu’aujourd’hui j’aurais le courage de recommencer tout ce travail avec un autre cheval. Mon acné a disparu comme par miracle avec l’arrivée de Vaïko. Quand à Quito, le cheval, sur lequel s’était porté mon premier choix, il est resté dans mon club, je le vois toujours et il va bien. Finalement c’était un mal pour un bien car il m’a permis de rencontrer Vaïko et aujourd’hui je n’imagine pas ma vie sans Vaïko. Nos blessures communes nous ont rapproché, l’amour a fait le reste!

Quels sont vos points communs à tous les deux ?

On est un peu susceptibles, têtus et on peut se braquer facilement lorsque quelque chose ne nous plaît pas. A contrario on a aussi des traits de caractère en commun qui sont plus sympas et agréables comme la gentillesse et la douceur mais attention pas avec n’importe qui! Il faut aussi que les choses se fassent quand on le décide! Par exemple avec mes parents Vaïko va demander des câlins et 5 secondes après il en a assez et passe à autre chose. On apprend vite et nous sommes aussi tous les 2 très impliqués dans ce que l’on fait.

Votre truc à vous deux ?

Il y a d’abord notre rituel quotidien chaque matin lorsqu’il vient m’accueillir à la porte en hennissant. Mais je crois que « notre truc le plus incroyable » c’est à la fin de chaque séance de travail, montée ou à pied je le lâche dans la carrière et je lui laisse faire sa vie. Il se couche, se roule et s’endort en 3 min, oui oui, il s’endort (éclats de rire). Parfois même il rêve et il hennit en rêvant. Et puis il y a toujours le gros câlin de fin de séance qu’on fait tous les 2 ensemble.

Un souvenir ?

Le 7 juillet 2018 : notre premier spectacle !

J’ai toujours adoré les spectacles équestres, c’est une discipline qui me fascine. Lors de notre première balade avec Vaïko, sur le bord de la route, quelqu’un a jeté un seau d’eau. Il a fait un écart, je suis tombée. J’ai alors décidé que j’allai arrêter de le monter pour l’instant et qu’on allait apprendre à se connaitre autrement, en travaillant à pied. Comme j’ai toujours été attirée par le travail en liberté, c’était l’occasion rêvée. On a commencé avec la jambette. Vaïko apprend très vite. On est rapidement arrivé à des « figures plus complexes ». L’été passé, une amie de la famille m’a proposé de faire une animation avec Vaïko pour une exposition photo en plein air qu’elle organisait. C’était une super occasion pour Vaïko et moi. On a commencé par répéter à la maison. On a mis la musique et j’ai demandé à des amis de venir applaudir :-). La veille du spectacle nous sommes allés découvrir la piste, sans musique, juste pour se familiariser avec l’environnement. Au retour impossible de le faire monter dans le van. Il n’a pas voulu. Le lendemain, jour du spectacle nous sommes donc partis à pied (15 min plus ou moins de chez moi), une amie m’accompagnait à pied et mes parents en voiture avec nos costumes. Il y avait beaucoup de vent, c’était épique !

Arrivés sur place il y avait plus d’une soixantaine de personnes, des personnalités politiques locales, c’était impressionnant pour une première. La musique a commencé et Vaïko s’est redressé de 30 cm, il était tellement fière, et moi aussi 🙂 Ça a été un super moment.

Depuis je continue mon apprentissage avec Vaïko mais aussi avec d’autres chevaux. Cela est possible grâce à l’aide de Guillaume, qui a fondé la troupe Les comtois en folie * et avec qui je travaille régulièrement.

Si tu devais comparer Vaïko à une chanson ?

Sans hésitation ça serait « Bring me to life » d’Evanescence. C’est une chanson qui est douce et calme au début et qui devient de plus en plus énergique, comme Vaïko. A nos débuts il était toujours mou, difficile à réveiller et maintenant « oh mon Dieu » c’est parfois compliqué de le ralentir quand je suis à cheval. On travail toujours avec de la musique et on écoute souvent cette chanson qui fait partie de la playlist. S’il on traduit les paroles de « Bring me to life » y a plusieurs phrases qui me font penser à notre relation. Le titre pour commencer 🙂 et certains passages tels que « Comment peux tu lire en moi comme dans un livre ouvert ? » : l’intensité avec laquelle Vaïko ressent mes émotions et inversement c’est un évidence. « Sauve moi de l’obscurité » : il a rendu ma vie meilleure et il est devenu ma lumière dans les mauvais moments. « Maintenant je sais ce qu’il me manquait » : Vaïko manquait à ma vie, avec lui désormais tout ce dont je rêvais se réalise. « Tu ne peux pas me quitter » : je ne vois plus ma vie sans lui. On a encore pleins de belles choses à vivre ensemble alors ce n’est pas le moment de penser à ça 🙂

Si Vaïko pouvait nous lire, qu’aimerais-tu lui dire ?

Merci, merci pour tout ce que tu apportes dans ma vie. Merci pour tout l’amour que tu me donnes.  Merci pour toutes ces rencontres : la troupe qui est comme une deuxième famille, Guillaume comme un grand frère. Je n’ai que 17 ans mais je sais déjà que le spectacle c’est ma vie !

Merci de m’aider à grandir. Merci de m’aider à vivre ma très grande timidité à travers les personnes avec qui l’on parle lors de nos balades mais aussi et surtout à travers les spectacles auxquels tu me permets de participer (600 spectateurs).

Merci pour ce que tu apportes à notre famille. Maman a peur des chevaux, il était exclu pour elle de s’occuper de toi et maintenant elle t’adore. Tu permets aussi à mon père de réaliser un rêve ancien, lui qui a toujours voulu avoir un cheval.

Même si ce n’est pas tous les jours faciles avec « ton sale caractère de poney » 🙂 j’aime ce caractère car il nous a permis de réaliser beaucoup de choses, de faire des prises de conscience et des remises en question importantes, j’ai gagné en maturité. Il y a eu des larmes oui mais aussi et surtout des larmes de joie et des moments à jamais gravés dans mon cœur. Je t’aime plus que tout Vaïko !

  • https://www.comtoisenfolie.com

 

 

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