Victoire et Kebab

Victoire parle nous de Kebab, le cheval que tu as choisi de nous présenter aujourd’hui.

J’ai entendu parler de Kebab bien avant de le rencontrer ! Il avait été acheté à 3 ans pour la fille d’un très bon ami de mes parents qui vit dans le sud de la France. Chaque année, mon père descend visiter son ami. Rapidement il a souhaité acheter Kebab, mais il n’était pas à vendre. Lorsqu’il a eu 7 ans, sa cavalière est tombée enceinte. Il était alors à vendre et c’est finalement mon père (parmi de nombreux acheteurs potentiels) qui a eu Kebab. Quand « Keb » est arrivé à la maison, d’une certaine manière on peut dire que je le connaissais déjà :  j’avais déjà vu des vidéos de lui et mon père faisait beaucoup d’éloges à son égard.

Au début il n’était pas très bien dressé mais le feeling entre nous est assez bien passé. Puis il y a eu les premiers sauts et nous avons directement enchainé. A ce moment je me suis dis « comment c’est possible de ne pas gagner tous les weekends avec un cheval pareil ». C’était comme si je l’avais toujours monté, il était pour moi 🙂

Kebab est vraiment mon genre de cheval : pas trop grand, ni trop fort, dans le sang. Il me rappelle mon premier cheval, avec un peu le même caractère et je crois que ça a aussi un peu compter dans la balance 🙂

Quels sont vos points communs à tous les deux ?

Nous aimons tous les deux montrer les multiples facettes de notre caractère. Kebab va assez vite être taquin, vouloir jouer, mordiller puis rapidement on comprend qu’il ne faut pas le brusquer. Moi, c’est un peu l’inverse. Je suis timide et réservée lorsque je ne connais pas, lorsque je rencontre des personnes pour la première fois mais ensuite j’ai aussi «un petit côté taquin» 🙂  On est tous les deux assez sensibles. Par rapport à mes autres chevaux, c’est celui qui me ressemble le plus.

Votre truc à vous deux ?

Je « n’ai que 4 chevaux » alors j’essaye de prendre le temps de faire pareil avec les 4 pour ne pas qu’il y ait de jaloux. Cependant, il y a quand même quelque chose de spécial avec Kebab. Pour le calmer, je lui caresse la tête, il ferme les yeux et pose sa tête sur mon épaule quelques minutes. En décembre lors du jumping de Paris, il était très stressé après le barrage, il y avait l’excitation, le bruit, la piste indoor impressionnante, notre performance. Nous avons fait ce petit rituel quelques minutes et il s’est apaisé aussitôt.

Un souvenir ?

Incontestablement les Championnats de France des As en juillet dernier avec notre titre de Champions de France Jeunes Cavaliers à la clé 🙂

Lors de notre première année il m’a beaucoup apporté, il y a eu notamment les CSI de Lyon et de Paris mais ces championnats c’était un moment incroyable ! Avec un autre cheval je n’aurais pas gagné. Kebab m’a sauvé la mise plus d’une fois durant cette semaine. Au début je n’y croyais pas du tout. Après le premier jour il avait tellement bien sauté que je me suis dit « O.K. ça peut le faire » 🙂 Il a tout donné, tellement d’ailleurs qu’au tour d’honneur il n’en pouvait plus le pauvre. Il sent quand c’est important, il comprend l’enjeu ! C’est lui qui a fait la différence. Pas une seule fois je n’ai eu de doutes. J’avais confiance en lui alors que les obstacles étaient énormes et qu’il n’avait sauté ça qu’une seule fois avant ces championnats. C’est un guerrier !

Si tu devais comparer Kebab à un parfum: une senteur ou un parfum représenté par une marque, lequel serait-il?

Je pense que Kebab serait « Scandal » de Jean Paul Gaultier ! Pour le nom d’abord 🙂 Et puis tout comme ce parfum, il est à la fois fort et complexe et il ne convient pas à tout le monde. Il y aussi la notion de liberté et cette « double personnalité » : je fais bien le job type enfant modèle mais doté d’un esprit taquin parfois même effronté!

Si Kebab pouvait nous lire, qu’aimerais-tu lui dire ?

Je te remercie pour tout ce que tu me fais vivre. Tu es un partenaire, un compagnon au quotidien irréprochable, tellement génial ! Je ne sais pas pour combien de temps nous sommes ensemble c’est pour cela que je profite pleinement de chaque instant avec toi. Je redoute ce moment où nos chemins se sépareront. Même si depuis le début de notre histoire je suis conditionnée à ce que tu sois vendu. Quand un cheval quitte l’écurie ce n’est jamais un moment agréable pou moi mais quand ça sera à ton tour Keb je n’ose même pas imaginer à quel point ce moment sera douloureux. Si tu étais une jument ça serait plus facile pour te garder près de moi.

Lorsqu’il y a des séances plus difficiles ou des concours durant lesquels on performe moins bien je me dis que ce n’est pas grave, ça va aller, je vais rebondir et on va recommencer, de cette manière je sais que si tu pars j’aurais fais mon max et je n’aurais pas perdu de temps avec des regrets ou des lamentations.

Tu es aussi plaisant en concours qu’à la maison au quotidien et pour cela aussi je te remercie.

Je t’aime.

 

 

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